Pas d'avancée visible lors des négociations à Genève sur la guerre en Ukraine
par John Revill et Olivia Le Poidevin
Deux journées de pourparlers entre Ukrainiens et Russes se sont achevées mercredi à Genève sans avancée visible, les deux parties évoquant des discussions "difficiles" qui sont toutefois appelées à se poursuivre à une date ultérieure.
En dépit de la forte pression exercée par le président américain Donald Trump pour arracher un accord, notamment sur son homologue ukrainien Volodimir Zelensky qui s'en est ému, les négociateurs ne semblent pas avoir significativement rapproché leurs positions.
Le chef de la délégation ukrainienne, Roustem Oumerov, a évoqué des "progrès" et des "clarifications", tout en disant ne pas pouvoir fournir davantage de détails pour le moment.
Volodimir Zelensky a pour sa part déclaré aux journalistes sur la boucle WhatsApp de la présidence ukrainienne que les discussions à Genève avaient été "difficiles" et que les positions des belligérants demeuraient "éloignées".
Il a également accusé Moscou de "tenter de faire traîner en longueur des négociations qui auraient déjà pu atteindre leur dernière phase", dans un message publié sur le réseau social X.
Dans son allocution vidéo quotidienne mercredi soir, le président ukrainien a déclaré que certaines questions militaires avaient été discutées "de manière sérieuse et substantielle" mais regretté que "les questions politiques sensibles, de possibles compromis et la nécessaire réunion des dirigeants n'aient pas été suffisamment abordés". Il a également souhaité que les prochains pourparlers aient lieu en février.
Cité par l'agence de presse russe RIA, le chef de la délégation russe à Genève, Vladimir Medinsky, a jugé que les discussions avaient été "difficiles mais professionnelles" et assuré que de nouvelles négociations auraient lieu "prochainement".
Ces pourparlers, menés sous l'égide des Etats-Unis, se sont tenus alors que Donald Trump a suggéré à deux reprises ces derniers jours qu'il incombait à l'Ukraine et Volodimir Zelensky de faire le nécessaire pour parvenir à un accord.
Dans une interview accordée au site d'information Axios et publiée mardi, Volodimir Zelensky a estimé qu'il n'était "pas juste" que Donald Trump demande publiquement à Kyiv, et non à Moscou, de faire des concessions dans le cadre des négociations de paix. "J'espère que ce n'est qu'une tactique de sa part et non une décision définitive", a dit le dirigeant ukrainien.
DES "PROGRÈS SIGNIFICATIFS", SELON WITKOFF
Volodimir Zelensky a également prévenu que, en cas de référendum sur cette question, les Ukrainiens rejetteraient tout plan prévoyant que l'Ukraine cède à la Russie des territoires dont cette dernière n'est pas parvenue à s'emparer dans la région orientale du Donbass.
Le président ukrainien a de nouveau remercié Donald Trump pour ses efforts et déclaré qu'il ne subissait pas le même genre de pressions lors de ses conversations avec Steve Witkoff et Jared Kushner, respectivement émissaire spécial et gendre du président américain.
"Nous avons un respect mutuel", a-t-il dit, ajoutant qu'il n'était "pas le genre de personne" à plier sous la pression.
La Russie exige que l'Ukraine lui cède les 20% de territoires de la région orientale de Donetsk dont elle n'est pas parvenue à s'emparer près de quatre ans après le déclenchement de son invasion à grande échelle le 24 février 2022. Kyiv refuse fermement une telle concession.
Les négociations menées mardi ont porté sur "des questions pratiques et les modalités de décisions possibles", a dit le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, sans fournir plus de détails.
L'un de ses représentants a précisé que Vladimir Medinsky avait parlé avec la délégation ukrainienne à huis clos pendant près de deux heures après la fin officielle des pourparlers.
Les agences de presse russes ont cité une source selon laquelle les discussions menées mardi avaient été "très tendues" et avaient duré six heures, dans différents formats bilatéraux et trilatéraux.
Mercredi, Steve Witkoff a assuré que les efforts de Trump pour amener la Russie et l'Ukraine au dialogue portaient leurs fruits.
"Le succès du président Trump dans le rapprochement des deux camps de cette guerre a permis des progrès significatifs", a-t-il dit sur le réseau X. "Les deux parties sont convenues d'informer leurs dirigeants respectifs et de poursuivre leurs efforts en vue d'un accord."
VOIR AUSSI:
ANALYSE-Gérer deux négociations simultanément: l'approche US interroge sur ses chances de réussite
(John Revill et Olivia Le Poidevin; version française Camille Raynaud et Blandine Hénault, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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